
Un petit cichlidé réfugié dans une coquille vide d'escargot, parmi les éponges d'un fond du lac, en Zambie.
Photo : Charlotte E. T. Huyghe, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
Fonds de coquilles
Lac Tanganyika, les lits de coquilles
Tanzanie, RD Congo, Zambie
Sur les fonds sableux du lac, des champs de coquilles vides d'escargots servent d'abri et de nid à de minuscules cichlidés, les conchylicoles.
Le milieu
Neothauma tanganyicense, un gros escargot endémique du lac, laisse à sa mort une coquille épaisse qui ne se dissout pas dans l'eau alcaline. Sur certains fonds de sable, entre 10 et 45 m de profondeur environ, ces coquilles s'accumulent en vastes lits, où elles sont presque le seul abri.
Plusieurs lamprologues se sont spécialisés dans ces coquilles : ils s'y cachent, y pondent et y élèvent leurs alevins. Les mâles de Lamprologus callipterus, une espèce plus grande, vont jusqu'à transporter des coquilles pour en faire des tas où pondent leurs femelles.
L'eau
C'est l'eau du lac Tanganyika : une conductivité de 606 à 620 µS/cm, 10,4 à 12,5 °dGH et 16,9 à 19,1 °dKH d'après Talling et Talling (1965), et un pH proche de 9 en surface (Plisnier et ses collègues, 1996).
Les fiches de ces poissons donnent un pH de 7,5 à 9,5 et une eau dure : une eau de lac du Rift leur convient.
Qui vit ici
Neolamprologus multifasciatus, qui ne dépasse pas 4 cm, compte parmi les plus petits cichlidés : ses colonies couvrent des lits entiers, chaque poisson défendant quelques coquilles et quelques centimètres autour. N. similis, aux bandes claires qui remontent sur la tête, vit de la même façon. Le lamprologue ocellé (Lamprologus ocellatus) est plus solitaire : il enterre sa coquille et en défend l'entrée avec vigueur.
Aucune plante ne pousse sur ces fonds, et aucun invertébré du catalogue n'y vit.
Poissons (3)
Le reproduire en aquarium
- Un sol de sable fin assez épais, que les poissons creusent sans cesse, et beaucoup plus de coquilles que de poissons ; des coquilles d'escargots de Bourgogne remplacent celles de Neothauma.
- Un petit bac suffit : 80 à 100 L pour une colonie d'une seule espèce.
- Une eau dure et alcaline, pH 8 à 9, 24 à 27 °C.
- Une espèce de conchylicole par bac ; dans un bac plus grand, des voisins d'autres zones, comme des Cyprichromis en pleine eau.
- Des proies vivantes ou congelées (artémias, cyclops) : les aliments secs ne suffisent pas.
Exemple de bac
- Volume
- 80 L
- pH
- 8,5
- GH
- 12°
- Temp.
- 25 °C
- 5 × Neolamprologus similis
Un bac de 80 L pour une colonie de cinq Neolamprologus similis, dans une eau à pH 8,5 et 12 °dGH, avec au moins deux coquilles par poisson et plus de femelles que de mâles.
Population compatible
Eau commune à toutes les espèces
- pH
- 7,5–9
- GH
- 8–25°
- Temp.
- 24–27 °C
Des bacs qui le reproduisent

Neolamprologus multifasciatus au milieu d'un tas de coquilles, en aquarium.
Photo : Richard Andre Ingebrigtsen, Department of Aquatic Biosciences, University of Tromsø, Rex shock at en.wikipedia, Public domain, via Wikimedia Commons

Un mâle de N. multifasciatus garde son territoire.
Photo : Richard A. Ingebrigtsen, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Des aquariophiles présentent leur bac en vidéo, souvent sur un site précis du milieu. Les vidéos sont hébergées par YouTube, et le lecteur ne se charge qu'au clic.
Gab Aqua · YouTube
Jimmy Gimbal · YouTube
Sources
Les espèces sont listées d'après leur fiche (FishBase, Seriously Fish) ou, pour les plantes, d'après les observations GBIF de la région ; le bac d'exemple est évalué par les règles du simulateur.
- Talling & Talling (1965), The chemical composition of African lake waters. Internationale Revue der gesamten Hydrobiologie 50(3): 421-463, with the Lake Tanganyika pH of Plisnier et al. (1996, LTR Technical Document TD/46), tables reproduced by M. K. Oliver, Malawi Cichlid Homepage
- Seriously Fish: Neolamprologus similis
- Seriously Fish: Neolamprologus multifasciatus
- FishBase: Neolamprologus similis


